Journal de tournage

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Samedi 21 octobre 2017

Tournages d'automne

Je dois dire que je suis toujours étonnée de l'accueil et de la disponibilité des personnes que nous filmons - et de leur tolérance, même quand nous arrivons en retard, comme chez Christophe, ou que l'apiculteur est en train de travailler, comme Donatien lors de notre dernier tournage : à la demande d'un apiculteur, il détruisait, chez un particulier, un nid de frelons asiatiques... Nid très impressionnant par la taille et la façon dont les frelons l'"accrochent"  aux branches. 

Je profite donc de l'occasion pour remercier ceux que nous dérangeons forcément, qui nous accordent de leur temps et de leur disponibilité, comme Gautier et Justine - jusqu'à leur adorable petit  bébé Lorette qui fut sollicité ! Je nous trouve, à Beaubec Productions, un tantinet  envahissants - mais le film est à ce prix.     

Les séquences tournées chez Gautier, avec Christophe, seront au coeur même du film, puisqu'il s'agissait d'illustrer que l'agriculture et l'apiculture peuvent marcher la main dans la main... Et le ciel  fut avec nous, puisque nous avons, comme par miracle, bénéficié d'un temps venteux, qui déchirait les nuages et faisait resplendir le vert des prairies et l'incarnat des feuilles, sous le soleil liquide de l'automne. 

 

                  

 

Lundi 16 octobre 2017

Menaces sur le rûcher

Nos deux derniers tournages n’étaient pas forcément des plus réjouissants, puisqu’il s’agissait d’illustrer, de manière très concrète, les dangers qui menacent quotidiennement l’abeille : et de Donatien, le jeune apiculteur qui construit patiemment son affaire, à Marc, à la retraite et ayant transmis à son fils son exploitation, ces deux professionnels (qui sont minoritaires dans le Syndicat Apicole Haut-Normand, surtout composé d’ « amateurs », dans le bon sens du terme ), nous avions là deux bons exemples pour démontrer tout le potentiel de l’apiculture.

Et, à travers leurs expériences, nous voulions surtout recueillir des témoignages « sur le vif ».       Nous n’avons pas été déçus : nous avons pu vraiment « filmer du concret » : la ruche dévastée par un traitement agricole , la lutte contre le frelon asiatique… Les apiculteurs sont sur la brèche, tous les jours : il faut aussi témoigner de cela…

Mais quant à moi, la « plume » de ce tournage, je tire des bénéfices aussi inattendus que réjouissants de l’aventure : j’ai ainsi pu assister au « feu d’artifice » apicole : la danse effrénée des jeunes abeilles quittant pour la première fois la ruche…  C’est un spectacle, quand on vous l’explique (et merci à Marc) assez inoubliable, en fait.

Et qui me motive pour la suite, malgré tous les aléas  des tournages… Qu’importe de mettre cent fois le métier sur l’ouvrage, si, in fine, nous arrivons à notre but : illustrer le lien si primordial, entre l’infime insecte et l’orgueilleux - au point de se croire tout puissant - être humain.

 

Lundi 18 septembre 2017

Les Cent Ans commencent à Cressy

Le titre de ce compte-rendu est bien entendu trompeur : il ne s'agissait pas, ce dimanche, de la fameuse bataille de Crécy qui opposa les anglais et les français et marqua le début de la guerre de Cent ans, mais bien du  centenaire qui marquera  le début des commémorations et du congrès de 2018 : une évocation du  fondateur du syndicat apicole de Haute-Normandie et du journal "l'abeille de France",  Jean HURPIN,  qui vécut à CRESSY (et non Crécy !).

     

Nous avons donc filmé le dépôt de gerbe et les hommages, notamment le brillant discours de Patrick Périmony, l'actuel Président du Syndicat. Nous avons  effectué un premier repérage de la  maison où était son rûcher (une charmante longère encore "dans son jus", et qu'on croirait tout droit sortie d'une carte postale vantant les charmes de la Normandie) et entraîné Sandrine l'apicultrice, malgré son gros rhume, dans la lecture d'extraits de livres de Jean Hurpin. "La Cité Merveilleuse" (c'est le titre du livre dont Sandrine a lu des extraits) n'est en effet pas seulement un livre d'apiculture, mais bien plutôt une sorte de sociologie et un recueil de réflexions diverses autour de l'apiculture et des apiculteurs... 

C'est ainsi qu'à travers l'espace et le temps, nos intentions se rejoignent, puisque notre film a lui aussi comme objectif de rendre compte de l'apiculture en Normandie, telle qu'elle est vécue et ressentie  de nos jours , où l'abeille est hélas si menacée : et finalement, c'est bien aussi d'une Bataille, (sera-t-elle aussi longue que celle du moyen-âge ? Il faut espérer que non...) qu'il  s'agit, et qu'il nous reste à livrer.

 

 

Lundi 31 juillet 2017

Les images de l'été

Nous voici en pleines prises de vues d’été : il faut dire que c’est la saison où, sans doute, le travail autour des abeilles est le plus intense. Du coup, Jean-Yves, avec ses deux casquettes d’apiculteur et de réalisateur, met les bouchées doubles… Et le reste de la petite troupe suit, en portant les sacs (mais pas que !). Il faut aussi faire le clap, faire signer les autorisations de droit à l'image, fixer un micro-cravate ou orienter un reflecteur...

Nous allons de ci, de là : de chez Christophe Gauthier à Osmoy à chez Jean Hardier à Neufchâtel, en passant par le rucher-école de Clères. Et quel que soit le résultat des prises, alors même qu’il est trop tôt pour déterminer ce que nous garderons et ce que nous mettrons de côté, nous avons déjà un premier résultat fort enrichissant : c’est que dans nos déambulations chez les apiculteurs qui ont la gentillesse et la générosité de nous accueillir et de participer au tournage, nous sommes jusqu’à présent fort bien accueillis.

Certes, c’était un peu le sens de notre demande d’engagement de membres du syndicat plus « motivés » par le film que d’autres : mais il est très réconfortant de voir les visages s’éclairer quand l’équipe de Beaubec Productions demande (et obtient !) les autorisations d’utilisation des images, et quand tous mettent une extrême bonne volonté  pour participer – alors même que nous sommes parfois un peu encombrants…

Nous n’oublierons pas toutes ces rencontres, c’est sûr, d’autant que pendant tout l’été, elles vont se multiplier. Entre la visite chez un professionnel et les témoignages des uns et des autres, la capture de dialogues entre celui-ci et celui-là, et le tournage du butinage des ouvrières au beau milieu des fleurs du jardin, nous ne chômerons pas. Et si, sous sa casquette d’apiculteur, Jean-Yves se désespère un peu, tant l’année va être mauvaise en termes de miel, par contre, question prises de vue, la récolte s’annonce, ma foi, fort fructueuse !

                                       

 

Samedi 1er juillet 2017

Premiers tournages

Nous (c’est-à-dire Jean-Yves, le réalisateur, notre stagiaire Floralie et moi-même, la « plume » de Beaubec Productions)  avons continué nos prises de vue, entamées avec Christophe Gautier, en procédant à un premier tournage plus « collectif »  dès le 1er juillet, profitant de l’assemblée du CETA (Centre technique d’études apicoles), section du SAHN – qui réunit une bonne trentaine d’apiculteurs  et illustre parfaitement le rôle, les activités et l’utilité du syndicat : un tour de table permet d’évaluer la saison apicole, des thématiques comme celle de l’abeille noire sont évoquées, des reines fécondées sont distribuées, et de précieux conseils sont échangés.

Autant dire que nous étions toute ouïe, et que la caméra a engrangé pas moins d’une heure de rushes…

Et nous avons participé au repas à l’atmosphère conviviale, où, malgré le temps grisou, des grillades ont été cuites au barbecue. Du coup, des contacts ont été pris, des interlocuteurs pressentis, et notre travail commence à se dessiner ! D’autant que dès le  jeudi 6, jour du Comité de Pilotage du film, une interview aura lieu avec le journal Paris-Normandie.

Nos manches commencent donc à sérieusement se retrousser ! 

 

Vendredi 16 juin 2017

Première réunion du Comité de Pilotage

Le bateau est paré à virer,  la machinerie commence à s'échauffer, l'embarquement s'opère : nous sommes encore à quai, mais notre destination se précise, grâce aux membres du syndicat apicole qui sont venus pour la première fois à Beaubec, préparer l'aventure... 

Cette première réunion du "Comité de Pilotage" a été, à notre sens tout au moins, bien fructueuse : ce que c'est que d'avoir une stagiaire en première année de BTS production-cinéma, préposée  aux tableaux excel, à la rédaction de compte-rendus, à la conception de documents thématiques et au suivi des plannings rétroactifs !  Un vrai luxe, dont nous profitons pour écouter au mieux nos nouveaux  partenaires. 

D'autant qu'ils sont aussi passionnants que passionnés , à vrai dire, et semblent bien motivés. Non seulement le prétexte du film sera le centenaire du SAHN, mais encore la sortie de  notre documentaire normand coïncidera avec la tenue du 22è congrès national bisannuel de l'apiculture, en 2018. Une grosse manifestation - sans nous mettre la pression, nous nous devons d'être à la hauteur de l'évènement prévu ! 

La discussion  fut  donc dense, et aussi féconde qu'un champ de fleurs pollinisé. Premier effet profitable, le changement du titre. Nous avons inversé les deux termes de la proposition de départ, et les avons reliés par un "deux points" renforçant le lien de causalité. Et c'est bien mieux comme cela... 

Dès à présent, les prises de vues du film "Demain, l'abeille : la dette humaine" vont donc s'enchaîner. Le temps de gagner le large, de gonfler nos voiles, et de partir enfin vers le nouveau monde !!! 



L'équipe de Beaubec Productions, renforcée par la présence de Floralie, stagiaire "BTS chargé de production" du lycée Corneille. 

 

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